Quelles zones du lac sont réellement sensibles ?
On ne trouve pas de « zone interdite » stricte tout autour du lac de Sarrans mais plusieurs secteurs sont identifiés, par les naturalistes et collectivités, comme particulièrement vulnérables. S’y aventurer, même à pied ou en canoë, peut déranger des cycles naturels essentiels, du frai des poissons à la nidification des oiseaux, ou abîmer des habitats d’espèces protégées.
Les zones humides de la queue du lac
La queue du lac correspond à la partie amont, là où la Truyère vient alimenter la retenue. À hauteur de Sainte-Marie et Brommat, on trouve de larges prairies humides, roselières et vasières, qui se découvrent au fil des variations du niveau du lac (surtout au printemps et à l’automne). Ce sont des nurseries naturelles, fréquentées par :
- Des colonies de grèbes huppés et de foulques macroules, qui nichent dans les roselières.
- Des crapauds calamites et autres amphibiens rares, pour la reproduction.
- De nombreux passereaux paludicoles : rousserolles, fauvettes…
Ces milieux sont classés en zones Natura 2000 (FR8301105 – Gorges et Vallées du haut Lot et de la Truyère). Selon le site officiel Natura 2000, toute divagation hors des sentiers ou circulation motorisée y est déconseillée, et l’accès à pied doit respecter les lisières végétalisées, en gardant une distance suffisante pour ne pas déranger la faune (Source : INPN - Natura 2000).
Les îlots rocheux et “platières”
À mesure que baisse l’eau (souvent d’août à octobre), de petits îlots et zones rocheuses émergent, notamment vers les anciens villages engloutis de Fressanges ou de Sarrans. C’est le théâtre d’un ballet discret : certains oiseaux y font halte lors de la migration, d’autres viennent y nicher à l’abri des prédateurs terrestres.
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Lisière ouest du lac : îlots accueillant le Petit gravelot, limicole rare en Auvergne.
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Grèbes castagneux, canards souchets, hérons cendrés : sensibles au moindre passage de kayak au ras de leurs nids !
Il est recommandé d’éviter tout débarquement ou balade sur ces platières durant la période de nidification, de mars à juillet (source : LPO Aveyron).
Forêts riveraines et criques inaccessibles
Le pourtour de Sarrans, entre Espinasse et l’Anse de Labrol, reste par endroits difficile d’accès, sauf à pied, loin de tout sentier balisé. Sous les frondaisons, le calme abrite :
- Des colonies de chauves-souris cavernicoles (installées dans d’anciennes granges ou puits, souvent invisibles).
- Des nids de rapaces : Milan royal, Busard cendré – tous deux protégés à l’échelle européenne.
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La loutre d’Europe, particulièrement farouche et qui fréquente souvent les petites anses boisées au crépuscule.
L’Office français de la biodiversité recommande d’éviter de s’enfoncer dans ces forêts épaisses hors des sentiers balisés, surtout en période de reproduction (avril à août) (Source : OFB).