Quand pêcher au lac de Sarrans ? Calendrier, conseils et secrets d’un lac préservé
Situé à cheval sur l’Aveyron et le Cantal, le vaste lac de Sarrans déploie ses 1 000 hectares d’eau sur près de 35 kilomètres de long. Créé en 1934 par...
Dans la Haute Vallée de la Truyère, le lac de Sarrans dessine l’un des plus vastes paysages aquatiques du Massif Central. Mais au-delà des reliefs impressionnants et de la quiétude des berges, une expérience singulière s’y offre : la route de l’énergie, un circuit thématique qui dévoile l’aventure humaine, technique et paysagère née du lien historique entre cette région et l’électricité hydraulique.
Qu’est-ce que la route de l’énergie ? Il s’agit d’un parcours jalonné permettant de comprendre comment la Truyère s’est transformée à partir du XXe siècle avec la construction de barrages, la naissance de villages ouvriers et le passage à une nouvelle ère pour ces territoires ruraux. Ce circuit, à découvrir en voiture, à vélo ou en randonnée, invite à la rencontre de lieux emblématiques, de panoramas édifiants et d’une mémoire locale vivace, souvent méconnue même de ceux qui arpentent les abords du lac.
L’histoire commence dans l’entre-deux-guerres. La rivière Truyère, affluent du Lot, dévalait jadis ses gorges secrètes loin du tumulte. Mais dès 1929, la Compagnie d’Électricité du Midi (CEM) initie la construction d’un barrage inédit, à Sarrans, pour répondre aux nouveaux besoins en énergie du pays.
Les travaux ne s’arrêtent pas là. D’autres barrages suivront : Brommat, Montézic, Couesques, lui aussi sur la Truyère, transformant le bassin de la rivière en gigantesque réseau hydroélectrique, essentiel pour alimenter Toulouse et les grandes villes du sud-ouest.
Au-delà des prouesses techniques, cette industrialisation marque profondément le territoire :
Si le passé agricole subsiste, c’est désormais la « route de l’énergie » qui traverse et façonne la vallée.
Ce circuit ne possède pas d’itinéraire officiel standard, mais propose une boucle de découverte jalonnée de panneaux explicatifs et de points d’arrêt aménagés par EDF et la Communauté de communes Aubrac Carladez Viadène (source : CCACV).
Voici les étapes à ne pas manquer :
Certaines étapes proposent des vidéos, des maquettes, des témoignages et des images d’archives. La diversité du parcours autorise une découverte complète en une journée à vélo ou deux demi-journées en voiture, avec de nombreuses haltes pour profiter du calme ou d’une pause pique-nique.
Selon le temps, les envies et la saison, chacun adapte son circuit :
Le barrage de Sarrans est accessible toute l’année par la D909 ou D34 depuis Mur-de-Barrez, ou par la rive nord via Sainte-Geneviève. L’accès au belvédère est gratuit. Attention : pas de visite guidée à l’intérieur pour des raisons de sécurité, mais des événements ponctuels (« journées du patrimoine industriel », visites de chantier lors des vidanges décennales).
Depuis 2010, la route de l’énergie fait l’objet d’une démarche de valorisation touristique, éducative et patrimoniale. L’ambition : montrer que le développement hydroélectrique, loin de n’être qu’une aventure technique, s’inscrit dans un rapport à la nature et au territoire qui se renouvelle. Son intégration à l’itinéraire « Vallée de la Truyère » du label Pays d’Art et d’Histoire permet un accès facilité, une meilleure signalétique et la création de supports digitaux, comme l’application mobile dédiée par EDF.
La dimension humaine reste toujours tangible : on croise d’anciens « barragistes » échangeant volontiers anecdotes et photographies, et de jeunes ingénieurs EDF venus poursuivre ce travail séculaire.
Marcher, rouler ou naviguer le long de la route de l’énergie, c’est autant voyager dans les paysages grandioses des gorges de la Truyère, que plonger dans les méandres d’une histoire industrielle, humaine et territoriale encore vibrante aujourd’hui. Les barrages, loin d’être des infrastructures inertes, sont devenus points de rencontre, catalyseurs d’un tourisme lent et curieux, points d’observation pour les passionnés de nature.
La « route de l’énergie » autour du lac de Sarrans s’impose comme un fil conducteur pour qui veut comprendre comment ce morceau d’Aveyron et de Cantal a su conjuguer innovation, tradition et sobriété écologique… tout en continuant, jour après jour, à transformer le paysage et à générer de la lumière pour le territoire et au-delà.
À chacun de l’explorer selon ses envies : pour la beauté brute des gorges, les frissons de l’histoire ou la paix retrouvée au détour d’un sentier silencieux – la véritable énergie des lieux est, peut-être, là.