Quand pêcher au lac de Sarrans ? Calendrier, conseils et secrets d’un lac préservé
Situé à cheval sur l’Aveyron et le Cantal, le vaste lac de Sarrans déploie ses 1 000 hectares d’eau sur près de 35 kilomètres de long. Créé en 1934 par...
Impossible de parler de vues imprenables sans évoquer le Roc du Cayla, belvédère naturel situé sur la commune de Sainte-Geneviève-sur-Argence. Ce promontoire calcaire, qui culmine à près de 730 mètres d’altitude, surplombe le barrage de Sarrans et offre une vue plongeante sur la retenue et ses méandres sauvages.
Le sentier grimpe doucement à travers prairies et hêtraies, jusqu’au sommet où l’on découvre, derrière les ruines de l’ancienne tour d’observation, un panorama à 180° sur le « couloir » du lac et toute la vallée de la Truyère. Par temps clair, le regard porte vers les plateaux de l’Aubrac et, parfois, jusqu’aux monts du Cantal. Des tables d’orientation facilitent la lecture du paysage. À faire absolument au lever ou coucher du soleil, pour profiter de l’atmosphère unique du site.
Plus confidentiel, le sentier d’Albins relie la Viadène au plateau du Carladez, sur la rive droite du lac. Il déroule ses lacets entre forêts de sapins, chaos de granit et prairies délaissées, jusqu’à une crête qui domine le lac de plus de 200 mètres.
Après une montée ombragée, le sentier débouche sur une clairière panoramique où la vision est saisissante : le lac en contrebas, découpé en bras sinueux, cerclé par les pentes boisées et falaises basaltiques du Carladez. C’est ici qu’on perçoit le mieux la nature labyrinthique de Sarrans, son amoncellement d’îlots et de presqu’îles découvertes lors des basses eaux. Idéal par temps chaud, grâce à l’ombrage. On y croise parfois cerfs ou chevreuils, surtout tôt le matin.
Chanteloube, sur la commune d’Espinasse, offre une randonnée à la fois contemplative et chargée d’histoire. Le sentier suit l’ancien chemin qui reliait Espinasse à la vallée avant la création du barrage en 1934. Il monte en douceur vers un promontoire réputé pour la pureté de son air et la sérénité du lieu.
Arrivé au sommet, la vue s’ouvre vers l’est, sur l’ensemble du lac (et parfois sur l’Aubrac enneigé au loin en fin d’hiver). En contrebas, on distingue le vieux pont romain de Tréboul, parfois ré-emergé lors des grands étiages, rare vestige du village englouti lors de la mise en eau (source : « Les barrages de la Truyère », Inventaire Général du Patrimoine Culturel, Région Occitanie).
Côté sud du lac, le cirque de Granval tire son nom de la boucle spectaculaire que fait la Truyère avant de se jeter dans le bassin de Sarrans. Le GR®465 suit une partie de cette corniche. C’est ici que la rivière s’enfonce dans les gorges et qu’apparaissent, entre deux bouquets de hêtres, les grandes étendues du lac, parfois animées du passage d’un cormoran ou d’un aigle royal.
Ce parcours combine sentiers de crête, passages au bord de l’eau et traversées de hameaux typiques. Les panoramas s’enchaînent, ponctués de tables d’orientation, jusqu’à la chapelle de Tréboul aux allures de sentinelle silencieuse sur sa presqu’île. Au printemps, le site se couvre de narcisses et d’orchidées sauvages. En automne, les feuillages enflamment littéralement les versants.
Au sud-est du lac, la presqu’île de la Malric, accessible depuis Saint-Gervais, offre un parcours singulier entre nature sauvage et traces d’histoire. C’est le tronçon préféré des photographes, avec ses pointes rocheuses se jetant dans l’eau turquoise et ses vues successives sur le barrage et sur la retenue.
En deux heures de marche à travers les landes, on progresse jusqu’à l’extrémité de la crête. De là, la vue s’élargit sur tout le bassin de Sarrans, l’un des seuls points où l’on peut percevoir presque la totalité du lac d’un seul regard. Parfois, à la faveur d’une lumière oblique, l’eau prend une couleur d’ardoise, rappelant l’origine volcanique de ces terres.
Outre ces sentiers, il existe de nombreux petits chemins serpentant entre châtaigniers et prairies, dont l’itinéraire peut être modulé selon l’envi et le niveau de chacun. Parmi les options moins connues :
À noter que tous ces parcours peuvent être enrichis selon les saisons : en été avec une halte baignade (toujours dans des zones surveillées ou autorisées, consulter le site de la préfecture du Cantal), à l’automne pour l’observation des migrations, au printemps pour la floraison exceptionnelle de la flore locale (narcisses, jonquilles, orchidées...).
Sillonner les sentiers de Sarrans, c’est embrasser de multiples paysages, du vert profond des forêts d’épicéas aux nuances granitiques des falaises et à la surface mouvante des eaux. L’altitude moyenne des promenades tourne autour de 700 à 800 mètres, garantissant des vues dégagées et souvent de l’air pur toute l’année. La diversité des points de vue, parfois révélés au bout d’un vieux chemin ou d’un sentier bordé de murets, fait aussi la richesse de cette région discrète, encore épargnée par le tourisme de masse.
Pour retrouver tous les itinéraires, je recommande de consulter le site de l’Office de Tourisme Aubrac, Carladez et Viadène (ici) et les propositions actualisées selon les saisons. La carte interactive permet aussi d’ajuster le niveau de difficulté à ses envies. Enfin, ne jamais perdre de vue que la beauté du lac de Sarrans se savoure mieux en prenant son temps, à l’écoute du paysage et de soi.