Automne et printemps : les deux grandes vagues migratoires
Autour du lac de Sarrans, deux périodes se détachent nettement pour aiguiser ses jumelles et son sens de l’observation : l’automne et le printemps.
De la mi-septembre à la mi-novembre : l’automne, le grand départ
L’automne est souvent décrit comme “la saison des grandes traversées”. Les températures baissent, les premières brumes flottent sur l’eau, et c’est le signal pour nombre d’espèces : le signal du départ vers leurs quartiers d’hiver, souvent situés bien plus au sud, quelque part en Espagne ou en Afrique subsaharienne. Les panoramas sont alors transformés par les vols synchrones des :
- Grues cendrées (Grus grus) : Par centaines, voire par milliers, elles survolent la Truyère dans des formations en V caractéristiques. Leur passage est généralement à son apogée fin octobre-début novembre, leur “trumpetement” sonore éveillant souvent le sentier matinal.
- Oies cendrées (Anser anser) et bernaches nonnettes (Branta leucopsis) : Plus rares, mais régulièrement signalées lors des années de fort passage.
- Martinets noirs, hirondelles rustiques : Ils forment des nuées virevoltantes, surtout autour des zones humides, avant d’entamer leur longue route vers l’Afrique.
- Rapaces (busards, faucons, circaètes) : Ils utilisent les ascendances thermiques du relief et peuvent être observés planant haut dans le ciel.
- Passereaux variés : pipits, tarins, pouillots, alouettes, souvent difficilement repérables à l’œil nu mais que l’on entend gazouiller dans les haies.
Le pic de la migration des grues cendrées peut se situer entre le 20 octobre et le 10 novembre, en fonction de la météo continentale. Un épisode de vent du nord ou de pluie fraîche accélère leur départ, rendant certains jours absolument spectaculaires. Les premiers canards de surface (colverts, sarcelles) entament également leur migration dès mi-septembre.
De la mi-mars à la fin avril : le printemps, le retour vers les terres de nidification
Le printemps – plus discret, mais tout aussi enthousiasmant – voit le retour des hivernants vers le nord. L’énergie de la saison est différente : tout s’éveille, les chants éclatent, les plumages sont superbes. Dès la mi-mars, les premières hirondelles rustiques et oiseaux de rivage annoncent la reprise. Les grues cendrées, cette fois, remontent vers la Scandinavie ou la Russie, souvent en mars. C’est également le temps des :
- Barges à queue noire, vanneaux huppés, chevaliers guignettes : le ballet des limicoles commence sur les vasières dégagées par la décrue du printemps.
- Hérons cendrés, sarcelles d’été : particulièrement visibles sur les berges, en quête d’insectes et de petits poissons.
- Petits passereaux de retour : fauvettes, pouillots, rouges-gorges chantent à tue-tête sur les buissons.
Tableau récapitulatif des principales espèces migratrices observables et de leur période de passage
| Espèce |
Période de migration automne |
Période de migration printemps |
Caractéristique marquante |
| Grue cendrée |
Mi-octobre à début novembre |
Début/mi-mars |
Vols en V, cris puissants |
| Hirondelle rustique |
Mi-septembre à mi-octobre |
Dès fin mars |
Vols rapides, rases les plans d'eau |
| Busard des roseaux |
Fin août à octobre |
Fin mars à avril |
Vols planés, chasse au-dessus des roselières |
| Canard colvert |
Mi-septembre à novembre |
Mi-février à fin mars |
Groupes bruyants sur le lac |
| Chevalier guignette |
Août à fin septembre |
Avril |
Marche sur les vasières |
| Pipit farlouse |
Septembre-octobre |
Fin mars-avril |
Souvent au sol dans les prairies |