Quand pêcher au lac de Sarrans ? Calendrier, conseils et secrets d’un lac préservé
Situé à cheval sur l’Aveyron et le Cantal, le vaste lac de Sarrans déploie ses 1 000 hectares d’eau sur près de 35 kilomètres de long. Créé en 1934 par...
Le lac de Sarrans, vaste retenue artificielle de plus de 35 km de long (source : EDF Hydro), est cerné par des reliefs marqués : pentes abruptes descendant vers la Truyère, bosquets d’Aubrac, barrages et chaos granitiques. Les itinéraires pour bons marcheurs dépassent aisément les 16-20 km, avec des dénivelés positifs de 600 à plus de 1000 mètres.
S’il existe de nombreux petits circuits, certains trails et randonnées sont devenus de véritables défis pour les habitués du trekking, par leur longueur, leur technicité ou leur caractère sauvage. Sélection de quatre parcours emblématiques, validés par des clubs locaux (CAF Rodez, randonnée autour de la Truyère — source : Comité départemental de la randonnée pédestre Aveyron).
Cet itinéraire fait le tour du lac, en alternant parties sur chemins forestiers, traversées de prairies d’altitude et descentes abruptes vers les rives. Les passages les plus sportifs se situent autour du secteur de Brezou (crête panoramique au sud), et dans la montée vers Fridefont, où le sentier s’élève en zigzags sur 300 mètres de dénivelé en moins de 2 kilomètres.
Le tracé, parfois sauvage, croise les villages fantômes inondés lors la mise en eau du barrage (notamment la mystérieuse chapelle d’Ouradour visible par bas étiage), et longe plusieurs belvédères naturels. La traversée peut se prévoir en 2 à 3 jours, mais certains trailers de la région bouclent le tour en moins de 10 heures lors de défis officieux.
Direction les portes de l’Aubrac, via une boucle spectaculaire réalisable en une grosse journée pour les plus entrainés. Après les ruelles de Thérondels, le sentier s’attaque aux pentes boisées vers La Bessière, puis redescend en lacets serrés vers les gorges ombragées de la Truyère, jusqu’au spectaculaire Saut du Chien : une cascade encaissée de 15 mètres, souvent rugissante au printemps.
Remontée raide au hameau de Combe-Peyre, puis grand panorama en crête où, par beau temps, apparaissent Puy de Montabès, plateau de Saint-Amans-des-Cots et parfois même le Plomb du Cantal. Nombreux passages pierreux : prévoir de bonnes chaussures, la trace étant parfois glissante hors saison sèche.
Ce sentier rarement fréquenté file sur les hauteurs abruptes qui dominent la centrale hydroélectrique de Sarrans. C’est un condensé de défis, avec une alternance de passages techniques (rochers, éboulis, racines) et de portions aériennes. En basculant vers le point de vue sur le « geyser » (décharge d’eau du barrage, impressionnante lors des grandes vidanges : plus de 300 m³/sec propulsés, source EDF), on s’offre un spectacle quasi unique dans la région.
On peut prolonger en direction du Bois de Fridefont, pour rencontrer de très vieux chênes, refuges d’écureuils roux et de plusieurs espèces protégées (dont le cincle plongeur).
Décollage immédiat pour la plus belle crête panoramique du plateau. Dès la sortie de Mur-de-Barrez, passage obligé par la forêt domaniale de la Barthe, où l’on croise régulièrement des chevreuils à l’aube. L’ascension finale mène au Roc de Peyre (1142 m), somptueux point de vue sur la Truyère, le lac et l’Aubrac. D’ici, les couchers de soleil donnent une lumière extraordinaire sur les méandres du lac et les forêts profondes.
Dans la redescente, halte possible à la chapelle du Pouzet, vestige roman surgissant en pleine lande, rarement visitée et toujours accessible par un vieux « draille » (chemin traditionnel de transhumance).
Les circuits pour marcheurs chevronnés autour du lac de Sarrans nécessitent une préparation soignée : il n’est pas rare de croiser moins de dix personnes sur une journée complète, et la couverture téléphonique reste sporadique en fond de gorge.
Randonner ici, c’est aussi découvrir la richesse d’une faune et d’une flore préservées. Plus de 85 espèces d’oiseaux recensées dans l’aire Sarrans-Truyère d’après la LPO (source : Ligue de Protection des Oiseaux), dont le rare circaète Jean-le-Blanc et, sur les crêtes ouvertes, le milan royal. Les landes à genêts, buis et bruyères abritent également de superbes orchidées sauvages au printemps, notamment sur les pentes du Roc de Peyre et dans la vallée du Brezou.
Dans les zones humides du lac, on croise parfois trace de loutre ou de blaireau. Les forêts mixtes du versant nord – entre Frézignac et Montézic – forment l’un des derniers refuges de huppe fasciée dans le département.
Pour les adeptes du trekking prolongé, il reste possible de bivouaquer sur les terrains communaux (sous réserve de discrétion, et hors parc animalier ou zones de reproduction). Certains randonneurs de passage sur le GRP « Tour des Monts d’Aubrac » choisissent de rallonger sur une portion du lac de Sarrans avant de regagner le plateau. Attention, la réglementation du bivouac évolue : consulter la Communauté de Communes Carladez ou la mairie pour obtenir les derniers arrêtés.
Niveau trail, un événement clé (hors Covid) : le Trail des Gorges de la Truyère, organisé en septembre (25 à 60 km au programme, info : truyere-trail.fr). Ce trail attire des coureurs passionnés venus de tout le Massif central.
Le lac de Sarrans, par ses reliefs et son réseau foisonnant de chemins parfois oubliés, invite à repousser ses propres limites. Pour celles et ceux à la recherche d’itinéraires vraiment sauvages, il existe de nombreuses variantes partagées entre randonneurs locaux : variantes par les estives des Monts d’Aubrac, descentes jusqu’aux ruines submergées, chemins creux disparus sur les cartes. Bien sûr, prudence et respect du territoire restent essentiels : n’ouvrir de nouveaux passages qu’avec accord des propriétaires (beaucoup de faune sensible, d’élevages, et de zones Natura 2000 sur les plateaux).
Pour aller plus loin : pourquoi ne pas combiner randonnée et kayak, longer les rives inaccessibles à pied, ou essayer un bivouac à la belle étoile sur la presqu’île de Laussac si la météo le permet ? Les possibilités, ici, sont encore vastes – à chacun d’inventer sa propre aventure, loin du bruit et tout près de l’essentiel.